carte RDC 26 provinces - Processus électoral : Jean-Claude Kazembe plaide pour la répartition équitable des sièges à l’Assemblée nationale en prenant aussi en compte la superficie du pays

L’ancien gouverneur du Haut-Katanga qui, en principe, devra reprendre son siège à l’Assemblée nationale, vient d’écrire au président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour lui proposer un amendement de la loi électorale en ce qui concerne la répartition des sièges. Dans sa correspondance datée du 3 octobre dernier, adressée à Corneille Naanga, Jean-Claude Kazembe fustige le fait que cette répartition des sièges se fonde uniquement sur le nombre des habitants ou des votants. Selon lui, ce mode de calcul favorise quelques grandes agglomérations au détriment de la grande superficie du territoire national.

Prenant l’exemple de la ville de Kinshasa qui a 51 députés nationaux sur une superficie de 9.965Km², c’est comme si pour 193,3Km², on a un député. Distance, selon Jean-Claude Kazembe de 10Km x 20Km, parcourable à pieds en un seul jour. Par contre, l’ex-province Orientale qui avait 503.293Km² de superficie s’est vue avec 61 députés, soit 8.250Km² pour un député. Or, cette superficie est presque égale à celle couverte par 51 députés de la ville de Kinshasa.

Pour essayer de remédier à cette anomalie, l’ancien gouverneur du Haut-Katanga propose de concilier les deux facteurs importants qui, selon lui, font la grandeur du pays, à savoir la superficie et la population. Ainsi pour Jean-Claude Kazembe, les 500 députés à l’Assemblée nationale obtenus sur base de la population votante, peuvent être aussi divisés sur le 2.350.633Km² de la RDC de façon à avoir le nombre de députés par superficie. Ce qui pourra donner pour Kinshasa et l’ex-province Orientale prises en exemple en 2011 ce qui suit : Kinshasa pour avoir enrôlé 3.287.745 électeurs a eu droit à 51 députés. Mais par rapport à sa superficie de 9.965Km², la capitale ne peut avoir que 2 députés. Alors pour concilier les deux facteurs, on prendra les 51 plus les 2 que l’on divisera par 2 pour avoir 27 députés dans la ville de Kinshasa. Tandis que pour l’ex-province Orientale qui avait enrôlé 3.886.524 et s’est vu attribuer 61 sièges, tenant compte de sa superficie de 503.293Km², elle devra avoir 107 députés. La conciliation entre 61 députés et 107, donnera 84 députés. Cette logique que Jean-Claude Kazembe juge juste, fera que Kinshasa ait 27 députés au lieu de 51 et l’ex-province Orientale 84 députés au lieu de 61.

La répartition ainsi effectuée en tenant compte du nombre des enrôlés et de la superficie, aura pour avantage, d’après Jean-Claude Kazembe d’assurer une bonne couverture politique du territoire national en prenant en compte même les petites communautés éparpillées sur le vaste territoire national. Un autre avantage c’est le découragement de l’exode rural de l’élite politique et la favorisation du retour des politiciens empilés dans les centres urbains à la base naturelle. Enfin comme autre avantage, c’est la dépolitisation un peu des villes en vue de favoriser la croissance, d’après Jean-Claude Kazembe.

Ginno Lungabu

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