Henri Mova 2 - Incohérence entre la science et la politique : quand Henri Mova justifie ses faiblesses !

Tout part d’une discussion sur WhatsApp, dans le groupe « Débats et Informations » dont le journaliste Jean-Médard Liyoso de Congo Canal Télévision (CCTV) est administrateur. Le secrétaire général du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) critique les journées villes-mortes décrétées par l’Opposition : « si vous croyez que vous changerez de régime en restant à la maison, vous vous foutez le doigt dans l’œil jusqu’à la moelle épinière ».

La réaction de journaliste Moïse Musangana : « prof. Mova, ces propos s’ils viennent de vous c’est vraiment lamentable pour le pays. Quelle opposition voudriez-vous avoir s’il n’y a pas de Majorité digne? Une Majorité dépourvue de leadership, non respectueuse des lois du pays et des institutions, sans vertus démocratiques et un bilan à présenter après 10 ans de mandat. On ne vous reconnait pas : entre l’auditoire et l’arène politique, c’est le jour et la nuit pour vous prof. Vous avez rédigé une thèse de 1200 pages alors que présentement 350 pages suffisent pour nous tourner en bourriques ».

Une autre intervention est de l’administrateur du groupe, Jean-Médard Liyoso : « prof. Mova, beaucoup de gens vous connaissent sur le plan scientifique… vous feriez mieux de revoir si possible votre marche politique. Car, mieux vaut tard que jamais ».

Le professeur Henri Mova leur répond : « vous croyez m’intimider ou me prendre par les sentiments ! C’est trop tard, j’ai choisi mon chemin. Concernant la science, la trentaine de livres expose suffisamment ma pensée. La postérité s’en contentera si je disparaissais précocement…Ma pensée est déjà dans mes livres. Vous lisez encore Socrate alors qu’il est déjà mort et il n’avait jamais écrit ».

A Jean-Médard Liyoso de conclure visiblement avec regret : « quand les hommes de Dieu  (pasteurs, évangélistes, prêtres, abbés…) nous prêchent la bible, parfois tout le monde ne le croit pas le même jour !  Et la bible nous enseigne que tous les prédestinés seront convertis avant la fin du monde ! Heureusement que vous semblez être  conscient d’avoir déjà fait l’essentiel sur le plan scientifique. Pour le reste, vous semblez aussi bien deviner la suite. Voilà pourquoi, vous avez choisi votre camp. Toutefois, les pasteurs ne vont pas arrêter de prêcher la bonne nouvelle ! »

Ces têtes à matière grise qui déçoivent…  

Le professeur-secrétaire général du PPRD n’est pas le seul intellectuel à haute facture à étonner. Ils sont nombreux ces professeurs d’université aux vertus douteuses. Et le « fléau » date de la deuxième République avec le Maréchal Mobutu. Ce dernier avait un pré-carré bien grainé  d’éminents professeurs d’université, mais qui malheureusement avec lui, ont conduit le pays vers le gouffre.

Cette triste réalité est vécue aujourd’hui avec le jeune président  Joseph Kabila qui s’est aussi entouré des têtes à matière grise scientifiquement respectables (Evariste Boshab, Adolphe Lumanu, Emile Bongeli, Auguste Mampuya, Néhémie Mwilanya, Modeste Bahati, Mashako Mamba, Théophile Mbemba…), mais dont les prestations sont en deçà de toute appréciation de la bonne gouvernance. Et comme l’a dit Moïse Musangana à Henri Mova : entre l’auditoire et l’arène politique, c’est le jour et la nuit.

Face à ce comportement contrastant, certains analystes déduisent tristement que les professeurs d’université  congolais ne sont plus à respecter ni à craindre comme cela se fait sous d’autres cieux où cette qualité inspire la personnalité et la respectabilité.  Au Congo, ce sont tout simplement des personnes qui ont fait de grandes dissertations, mais qui sont socialement et politiquement immorales. Les professeurs d’université congolais ne sont plus également enviables pour la simple raison qu’ils mettent en exergue leurs ventres au lieu de leurs têtes. Un exemple bien dommage pour les étudiants qu’ils enseignent et qui sont futurs cadres du pays.

Agnalo Agnade  

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