Felix Tshisekedi good - Rencontre RASSOP- CENI : ce qui reste de l’opposition fera-t-il le poids ?

Le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement, aile Limete, a pris langue, mercredi 02 aout, avec la Commission Electorale Nationale Indépendante. Question de faire le point sur la marche du processus électoral, et cela en tenant compte de l’accord de saint sylvestre signé par toutes les parties prenantes. Dans sa déclaration au sortir de la rencontre, le porte-parole du Rassop, le député national Jean Bertrand Ewanga a mis un accent particulier, sur l’organisation en premier et dans le délai selon l’accord, même en cas de force majeure, de l’élection présidentielle, qui d’après lui, est constitutionnelle. Son calendrier étant constitutionnel a-t-il renchérit.

Toujours égale à elle-même, l’opposition est passée des paroles douces aux menaces à l’endroit, apparemment de la CENI, mais qui n’est que l’ombre de la Majorité au pouvoir considérée par l’opposition comme le principal torpilleur du processus électorale en RDC. Jean Bertrand Ewanga a été on ne peut plus clair à ce sujet, nous le citons, « Mais à suivre la CENI, la CENI est quelque peu sous les bottes du pouvoir qui ne veut pas donner totalement les moyens qu’il faut et c’est de la responsabilité de la Majorité avec son chef…   C’est pourquoi pour nous, nous pensons qu’il faut que les actions qui ont été décidées au Conclave soit mises en œuvre. Ça veut dire quoi, le 30 septembre l’élection est convoquée, le 1er octobre parce que l’élection n’est pas convoquée, monsieur Kabila et son gouvernement, ils n’ont pas mis de l’argent, l’opération Kabila dégage commence. »

Certains analystes politiques qui se sont confiés à scooprdc.net, se demandent si toutes ces menaces ont encore du poids ! D’autant plus que les derniers mois qui se sont écoulés, ont permis au peuple congolais de déceler les turpitudes dans le chef de certains membres de l’opposition. Ces derniers se sont illustrés par la légèreté et le vagabondage politique. Les  « ventrocrates ». Ceux qui sont au Rassop tiendront-ils le coût et feront-ils le poids  quand on sait que dans sa réponse, le président de la CENI est resté figé sur sa logique, laquelle partage toujours la majorité au pouvoir : « les contraintes techniques ». Corneille Nangaa n’a pas manqué d’étaler une fois de plus devant ses invités, ce qui l’a toujours caractérisé en disant, nous citons, « La CENI travaille dans l’esprit de l’accord de 31 décembre en indiquant tout de même que la donne politique étant de mise on devrait aussi tenir compte pour la bonne organisation des élections des contraintes techniques qui constituent aussi des impératifs».

Encore et toujours les contraintes techniques

Lorsqu’en 2005 la constitution était soumise au referendum, toute la classe politique dans le schéma 1+4, à l’exception de l’UDPS et du M17, militait pour le OUI, prétextant que cette constitution était l’unique voie qui consoliderait la jeune démocratie congolaise. Cette constitution votée à plus de 90% par les congolais stipule dans son article 73 : « le scrutin pour l’élection du président de la République est convoqué par la commission électorale nationale indépendante, quatre-vingt-dix jour avant l’expiration du mandat du président en exercice. » Faut-il ici dire que le constituant ne savait pas que la nature humaine est pleine de contraintes « techniques » ? Faudra-t-il alors accorder combien de temps à la CENI pour aplanir ses contraintes techniques ? A–t-elle raison de parler des contraintes techniques afin de justifier la non tenue des élections dans le délai constitutionnel ?  La CENI serait-elle au-dessus de la constitution ? Ces contraintes techniques ne sont-elles pas entretenues et voulues par qui de droit ? Les questions méritent d’être posées !

Le CNSA somnole-t-il ?

Pour l’instant, le Conseil National de Suivi de l’Accord que préside Joseph Olengankoy est encore en train de confectionner son règlement d’ordre intérieur. A sa place, c’est le Rassemblement aile Limete avec Felix Tshisekedi et Pierre Lumbi qui monte au créneau pour exiger le respect strict de l’accord en ce qui concerne l’organisation du scrutin. Cette sortie vertigineuse de cette aile de l’opposition, n’est-elle pas ce que redoutait la majorité au pouvoir ?

Tout le monde le sait, les deux figures de proue étaient plébiscitées, la première à la primature, et la seconde à la tête du CNSA. Si pour la première, la situation ne semblait pas être très inquiétante pour le pouvoir, la seconde rendait cauchemardesque les nuits de plusieurs dans la Kabilie. Pierre Lumbi, c’est de lui qu’il s’agit, sa présence au CNSA, était perçue pour beaucoup comme un coup de massue, une épée de Damoclès qui serait suspendue au-dessus, non seulement, de toutes les manœuvres de la Majorité au pouvoir, mais surtout à la tête de Joseph Kabila. N’était-il pas son conseiller personnel en matière de sécurité ? Joseph Kabila, à l’image de l’Epoux de Marie très calme,  peut bien dormir sur ses deux oreilles, quand un autre Joseph est au CNSA et entretient tout. Ne faudrait-il pas pour cette structure (CNSA) un PIERRE à l’image de Simon Pierre qui n’avait pas hésité, au nom de la justice, de sortir son épée et trancher l’oreille d’un soldat romain ?

Mis en place dans un environnement de beaucoup de contestations,  le CNSA sera-t-il à mesure de faire prévaloir sa préoccupation primordiale de voir se dérouler les élections telles que le prévoit l’Accord, son géniteur ? Avec Joseph Olenghankoy, il y a de quoi douter.

JYMAM

 

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