Etienne Tshisekedi - CNSA : La montagne accouche d’une souris.

Que d’espoir suscité dans l’opinion publique, quand la clique des politiciens congolais, sous les auspices des princes de l’église catholique congolaise, créaient le conseil national de suivi de l’accord du 31 décembre 2016, (CNSA). D’après l’accord, cette structure devrait jouer un rôle de gendarme dans la mise en application de l’accord de saint sylvestre. En clair, le CNSA se voyait confier la charge de :

  • Assurer le suivi du chronogramme de mise en œuvre de l’accord ;
  • Réaliser les évaluations régulières une fois tous les deux mois avec la CENI et le gouvernement sur le processus électoral ;
  • Communiquer régulièrement sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’accord ;
  • Formuler des recommandations respectivement au Parlement, au gouvernement et à la CENI pour la bonne exécution de l’accord ;
  • Assurer le règlement d’éventuelles divergences nées de l’interprétation de l’accord entre les parties et concilier leurs points de vue à cet égard ;
  • Se concerter avec le gouvernement et la CENI en vue d’harmoniser les vues quant à la réussite du processus électoral ;
  • Apprécier de commun accord le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections avec le gouvernement et la CENI.

Lourde tâche savamment orchestré par l’artillerie lourde de l’attaque des « Genvaliste » au sein du rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement. Une artillerie qui a porté haut l’Etendard de l’opposition congolaise qui s’auréolait de l’aura du sphinx de Limete, Etienne Tshisekedi wa Mulumba (paix à son âme). Cette armée avait presque gagné la bataille devant les quelques fauchons du pouvoir qui n’avaient rien à faire, sinon courber l’échine. L’un d’eux, Lambert Mende, avouera plutard à la presse que le poste du président de cette nouvelle institution était accordé « intuitu personae » au président du conseil de sage du rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement.

Un goulot d’étranglement bradé.

Les ténors de l’opposition présents aux assises pilotés par la Conférence Episcopale Nationale du Congo, (CENCO), cajolaient l’idée d’avoir réussi à créer un « ogre » qui ferait le contrepoids à l’autorité morale de la majorité présidentielle, Joseph Kabila président de la République. Histoire de communier avec la volonté populaire, dont le sentiment de trahison avait pris le devant, d’autant plus que la date verrou du 19 décembre 2016 avait sauté sans éclats.

L’usure du temps, la force de l’au-delà et le vent de l’histoire a, par la suite, soufflé et les faucons du pouvoir se requinquent. Le poste du président du CNSA, du coup, redevient renégociable, clamaient-ils à tout bout de champs et devant tout micro. C’est ainsi que l’inébranlable château fort construit autour du Lider maximo (paix à son âme encore) sombre dans le combat de leadership.La suite est connue, le Léviathan se dote de multiples têtes, la fragilité gagne du terrain, l’opposition éclate.

Saisissant la balle au bond, les prestidigitateurs du régime entrent en jeux, à la manière congolaise, faisant sonner les billets verts. A l’unanimité, le dévolu est jeté sur l’un des fils de l’opposition mais qui depuis a fléchit, Joseph Olengankoy, pour présider à la destinée du Conseil national du suivi de l’accord du 31 décembre 2016. C’est-à-dire faire le contrepoids et contraindre le pouvoir à respecter scrupuleusement les acquis de cet accord.

Mais déjà, comptabilisant à la manière des experts économiques, l’armada de contestations qui fusent de partout, contre la nomination de « l’enfant terrible de l’opposition zaïroise » à la tête de cet organe censé jouer le tout pour le tout afin que la RDC s’octroie tant soit peu le crédit qui lui fait grandement défaut sur le plan international, notamment la conduite sans faille du processus électoral, on est loin de respirer l’air frais hors du tunnel.

L’espoir tant attendu, tant cajolé qu’inspirait le CNSA semble céder la place à l’inconnue, à l’incertitude et à la trahison. Comme qui dirait, le CNSA est-un mort-né et pour ne pas paraphraser le christ parlant du traitre Judas Iscariote, « il ne fallait pas qu’il soit né ».

JYMAM

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