Gouvernement Tshibala : monstre à deux têtes ?  

Il paraitrait hasardeux d’évoquer, sans heurter certaines consciences nationales, cet axiome « Monstre à deux têtes ». D’autant plus que cela ferait défiler dans les esprits des uns et des autres, les bestioles décrites avec dextérité dans l’apocalypse ; dernier livre des saintes écritures attribué au plus jeune des disciples du Christ, l’évangéliste Jean, pour ainsi qualifier le gouvernement Tshibala.

Mis en place depuis le 09 mai dernier près d’un mois après la nomination du premier ministre Bruno Tshibala, et investit une semaine plus tard, soit le 16 mai, ce gouvernement, le second en seize  ans de pouvoir de Joseph Kabila à être dirigé par un  « opposant », naissait des cendres d’un autre gouvernement qui aurait souffert du même syndrome. Le bicéphalisme à outrance orchestré par des caciques du pouvoir qui au fil des jours imposent leurs diktats, non seulement, sur les membres débauchés  de l’opposition qui rêvaient aux fils des ans goutter, autant que faire se  peut, au miel de la ruche congolaise aux prix du sacrifice extrême, l’humiliation et le silence, mais également, sur le « premier » en personne.

Il y a peu, des observateurs avertis qui scrutent au jour le jour la situation politique et sociale du pays, sont au courant d’une grande activité menée par le gouvernement Tshibala dans le secteur économique, histoire de tenter le tout pour le tout, afin de renflouer les caisses de l’Etat.  En effet, une délégation mixte présidence-gouvernement sillonne les postes frontaliers du pays où elle peut encore glaner quelques billets verts. Après le grand Katanga, une délégation composée du ministre d’Etat en charge de l’économie, des ministres des finances, Budget, Portefeuille, Hydrocarbures, Industrie, Commerce Extérieur, Développement Rural, du ministre délégué près le premier ministre, du gouverneur de la Banque Centrale du Congo, ainsi que des différents services opérants aux frontières (SCPT, OCC, OGEFREM…) ainsi qu’un représentant des FARDC et pas le moindre, le général-major Gabriel Amisi «Tango Four» et de nombreux experts, séjourne dans le Kongo central. Tenez, cette forte délégation du gouvernement Tshibala est sous la conduite du directeur de cabinet du chef de l’Etat ! Fait étonnant…

 Gouvernement parallèle ou « Cabinet Molili »  

Dans des pays normaux, il est formellement difficile, partant inconcevable d’acquiescer que le directeur du cabinet du chef de l’Etat mène cette barque en quête des moyens qui permettraient au gouvernement de juguler sa situation économique au bord du chaos et aussi relever le défi majeur du financement des élections en perspectives.   Il est certes vrai que dans des systèmes présidentiels forts, le cabinet du chef de l’Etat qui agit par délégation du pouvoir du chef, peut bien influer sur certaines actions du gouvernement, histoire d’avoir le contrôle effectif de tout ce que son pouvoir impulse, mais tout cela dans l’ombre. Cependant, le faire à la lumière du jour,  dénote dans une certaine mesure, d’un manque de confiance à l’égard du gouvernement.

Les prédécesseurs de Bruno Tshibala à cette fonction n’ont jamais cessé de décrier ce qu’ils qualifiaient déjà à l‘époque de gouvernement parallèle ou le « cabinet molili » qui agissait au nom du chef de l’Etat parfois au-dessus même du premier ministre.

Le cas échéant, laisse transparaitre dans l’opinion publique que la situation que traverse la République Démocratique du Congo est exceptionnelle. C’est peut-être ce qui explique la présence du directeur de cabinet de chef de l’Etat dans la première photo de famille officielle du gouvernement Tshibala à l’estrade de l’hôtel du gouvernement au sortir du premier conseil des ministres le 20 mai 2016. Lui qui est personnel d’appoint ou privé du chef de l’Etat et non membre du gouvernement semble avoir de l’ascendance…

En effet, sur cette photo officielle d’un gouvernement, le directeur du cabinet du chef de l’Etat était placé à la droite du premier ministre Bruno Tshibala sur la même ligne que le chef de l’Etat. Tout est clair et énonciatif  sur la photo ci-haut !

JYMAM

 

 

  • Bendélé Ekweya té

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